Mountains


Cabrina,

Au Pays des Mille Clairières (Conte)

 


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Flowers

 

          Le Royaume des Mille Clairières était traversé par cent rivières. Ainsi les arbres s’élançaient-ils vers le ciel et l’herbe était-elle  verte et abondante. Dans la forêt il y avait beaucoup de gibier, et les animaux qui habitaient la clairière étaient très heureux et tranquilles, car ce Royaume était bordé de profondes forêts et les chasseurs avaient peur de se perdre.

       

        Il y avait Victor, le Lion et Ladissa la Lionne, avec leurs petits lionceaux, Ladi, Passi et Wanda. Victor était le Roi de tous les animaux de la clairière. Il y avait la biche et son petit faon, un grand cerf avec ses grands bois, un paon et sa compagne, magnifiques... un renard et un coq, et beaucoup d’autres, mais ils ne se séparaient que pour aller chasser et se nourrir.

    

         Un jour de soleil où ils s’étaient réunis dans la clairière, une chèvre, petite et bien maigre, arriva au milieu d’eux. Elle était rousse avec de belles taches blanches. Tous les animaux se mirent à lui dire de partir et la petite chèvre qui s’appelait Cabrina, se mit à pleurer. Alors Victor, le Lion-Roi, poussa un rugissement et tout le monde fit silence.

- “Qui es-tu ?  Demanda Victor.

- “Je suis Cabrina... je vivais chez un bûcheron, mais il me faisait beaucoup travailler et ne me laissait pas le temps de manger et de me reposer, alors je me suis enfuie et je suis arrivée au milieu de vous !”.

- “Va-t-en ! Va-t-en ! “, crièrent en choeur les animaux.

    

      Victor rugit et le silence revint.

- “Que portes-tu autour du cou ?” demanda-t-il.

- “C’est une flûte enchantée !” dit Cabrina en séchant ses larmes.

- “Alors, dit Victor, si tu sais en jouer, tu vas nous réjouir, et si tu sais me plaire, tu seras première musicienne de mon Royaume des Mille Clairières !”

    

        Alors, Cabrina se mit à jouer au milieu d’un grand silence. La musique racontait que dans un grand Royaume, la fille du Roi avait été changée en animal par un Enchanteur, parce que le Roi son père avait refusé de la lui donner en mariage. La jeune Princesse qui était très belle, chantait sa peine.

         Quand la petite chèvre s’arrêta, tous pleuraient, et le Roi lui dit :

- “Tu joues comme une fée, Cabrina, tu seras première musicienne du Royaume : tu joueras pour moi chaque jour !”

- “Vous êtes très bons, dit Cabrina,   je suis  heureuse de vivre parmi vous !”

 

         Quand le soir fut arrivé, tous les animaux se séparèrent pour dormir chacun chez soi. Cabrina alla chez le Roi-Lion. Cette nuit-là, Victor fit un rêve : il voyait ce que Cabrina avait  joué sur sa flûte enchantée, il voyait le magnifique château où le Roi et la Reine étaient seuls et bien tristes.

                                         

           Dès son réveil il appela Cabrina et lui fit jouer un autre morceau, et à la fin le Roi resta silencieux car il pensait à son rêve. La flûte enchantée racontait que la Princesse Myrtille avait un frère qui était parti à sa recherche.

        

          Quelques jours passèrent. Cabrina était  heureuse car elle était adoptée par tous les autres animaux du Royaume.

                                         

                                                 aaaaa

(2)

   Flowers

           Un jour que tous les sujets du Roi Victor étaient réunis dans une clairière et que Cabrina jouait, un jeune chevalier arriva,  monté sur un cheval de feu. Il s’arrêta pour écouter la flûte enchantée, et il se demanda si la petite chèvre n’était pas sa soeur Myrtille, car elle jouait aussi bien qu’elle. Lorsque Cabrina s’arrêta, le chevalier dit au Lion-Roi :

- “ô Roi, me laisserais-tu emmener cette petite chèvre, seulement quelques jours pour aller jusqu’au château du Roi mon père ?”

      

            Le Lion était peiné de se séparer de Cabrina, mais il pensa au rêve qu’il avait fait, et comme il était curieux, il accepta :

- “Il faudra me la ramener !” dit le Lion.

- “Sois sans crainte Majesté, je suis Prince et honnête homme !”

    

             Et Cabrina partit avec le chevalier au cheval de feu.

 

                                          eeeeeee

 

(3)

Coumbines

            Ils galopèrent sans s’arrêter pendant plusieurs jours et arrivèrent en vue du château. Le cheval de feu sauta au-dessus du portail, car il n’y avait plus de serviteurs pour l’ouvrir.

    

            Le Roi et la Reine furent heureux de retrouver leur fils, le Prince héritier, mais ils furent étonnés de la présence de Cabrina. Ils voulurent la faire conduire dans un enclos, mais soudain la Reine vit la flûte enchantée au cou de Cabrina et elle en fut émue. Le Roi ne pouvait parler, il sentait au fond de lui-même que Cabrina était la Princesse Myrtille. Mais quoi faire ?  La Reine dit au Prince Solano :

- “Que fait-elle de cette flûte ?”

     Le Prince dit à Cabrina :

- “Joue pour la Reine, petite chèvre !”

                                                           

     Et Cabrina se mit à jouer et le Roi et la Reine en furent émerveillés. Alors, en pleurant le Roi dit :

- “Pourquoi nous séparer d’elle ? Si elle était notre fille Myrtille ?”

- “Ce n’est pas possible, dit le Prince,  j’ai promis au Roi des animaux de la ramener. Mais ne perdez pas espoir, je vais aller au bout du monde avec mon cheval de feu et je délivrerai Myrtille !”

(4)

Flowers

 

             Le lendemain, le Prince et Cabrina firent leurs adieux au Roi et à la Reine après que la petite chèvre ait joué de sa flûte.

                     Le lendemain, le Prince

          Le cheval de feu galopa, traversant des rivières et des collines, et au bout de quelques jours, ils arrivèrent au Royaume des Mille Clairières. Le Roi-Lion, entouré de tous les animaux, fit une grande réception à Cabrina et au beau chevalier au cheval de feu :

 

- “C’est bien, lui dit le Roi Victor, tu as tenu parole, tu pourras me demander tout ce que tu voudras !”

- “Je te remercie, dit le Prince, je dois partir sans retard car je veux délivrer ma soeur, la Princesse Myrtille, des mains de l’Enchanteur.”

- “C’est une entreprise difficile, dit le Lion, mais j’ai fait un songe à ton sujet la nuit dernière et si tu veux  un conseil, va au Royaume des Eaux Profondes, le Roi des Poissons te dira ce que tu dois faire.”

 

     Le Prince fit ses adieux au Lion et à Cabrina et sans hésiter, partit vers les eaux mystérieuses, car nul ne pouvait pénétrer dans ce Royaume. Après plusieurs jours, le chevalier arriva sur les rives du Royaume des Mers. La plage était déserte et le Prince était inquiet. Il descendit de son cheval et entendit à ses pieds comme des sanglots. Il vit alors une étoile qui lui dit :

 

-         Prends-moi et jette-moi dans les Eaux Profondes, j’exaucerai ton voeu !”

 

      Le Prince la prit entre ses mains et lui dit :

- “Je veux voir le Roi des Mers !”

- “Assieds-toi sur le sable et jette-moi dans les eaux. Je le prierai de monter vers toi !”

    

       Le Prince déposa l’étoile au creux d’une vague, et il alla s’asseoir. Il était très curieux de ce qui allait arriver. Soudain, une grosse vague se souleva et un énorme poisson sortit des eaux.

- “Qui es-tu ?”  demanda Thaphar, le Roi-Poisson.

- “Je suis Prince, Fils de Roi ! »  dit Solano.

- “Fils de Roi ? Dit Thaphar, Qui t’a envoyé jusqu’à moi ?”

- “C’est le Roi-Lion des Mille Clairières !”

- “D’où te vient donc ce magnifique cheval de feu ?”

- “C’est la Fée Gracianne, ma marraine, qui me l’a offert. Il peut courir cent ans sans s’arrêter ni rien manger ; il peut traverser les eaux et les montagnes !”

- “Et pourquoi es-tu venu vers moi ?” demanda le Roi-Poisson.

                                                                     

Alors le Prince lui raconta combien ils étaient heureux au château du Roi son père, au Royaume des Mille Oiseaux de Paradis aux Oeufs d’Or, et comment l’Enchanteur avait voulu se marier avec sa sœur Myrtille qui était très belle et à qui la Fée Sylphide, sa marraine, avait offert une flûte enchantée, dont elle jouait si bien que beaucoup de Rois et de Princes venaient de loin pour l’entendre.

 

- “Ma soeur ne voulut pas se marier avec l’Enchanteur qui était vieux et méchant. Mon Père refusa aussi.  Alors l’Enchanteur changea ma soeur et tous les serviteurs en animaux et les emmena très loin du Royaume de mon Père.  Je suis resté seul avec mon Père et la Reine, ma Mère. Mais au château la vie était bien triste ! Alors j’ai décidé de délivrer ma soeur, et je suis sûr, ô Roi ! que tu peux m’aider dans cette aventure !

- “Tu as bien pensé”, dit le Roi-Poisson. “Je t’aiderai, mais à une condition : c’est que tu épouses ma  fille, la Princesse Alguina !”

- “Mais c’est impossible !” s’écria   le Prince, “nous devons vivre chacun dans notre Royaume !”

- “Fais-moi confiance, dit le Roi-Poisson Thaphar, et ne crains pas ! La Fée Gracianne, ta marraine est aussi la marraine de ma fille Alguina et votre mariage  est prévu   depuis   votre naissance. Attends-moi un instant !”

    

           Le Roi-Poisson disparut dans les Eaux Profondes et le jeune Prince eut envie de fuir sur son cheval de feu, car il ne voulait pas se marier avec une Princesse des Mers, mais il pensa à sa soeur et à ses parents. Quelle serait leur peine s’il ne parvenait pas à délivrer la Princesse Myrtille !

    

          Tout à coup, une vague énorme le tira de ses pensées et le Roi-Poisson parut avec la Princesse Alguina. Le Prince regardait la jeune Princesse : jamais il n’avait vu tant de beauté, et son coeur fut saisi d’amour pour cette belle Sirène.  Ses longs cheveux étaient blonds et brillants comme l’or, ses yeux étaient couleur d’émeraude, sa peau était blanche et ses joues rosées. Elle était vêtue d’une robe de diamants. Solano vit avec tristesse qu’à partir de la taille elle avait un corps de poisson...    Comment pourrait-elle marcher et venir au château de son père ? Et puis ne regretterait-elle pas le Royaume des Mers ?

    

Le Roi-Poisson se taisait. Il lisait dans le coeur du Prince tout ce qu’il pensait .

 

- “Ne sois pas inquiet, jeune Prince ! dit le Roi. “Tu aimes ma fille et tu as un coeur courageux et honnête. Quand vous aurez célébré vos noces, venez me voir ! Mais avant ,   il   te faut vaincre l’Enchanteur. Il te faudra traverser sept fleuves aux courants dangereux, mais ton cheval de feu ne se laissera pas arrêter  par cette difficulté !  Tu arriveras à une petite rivière, mais tu ne la traverseras pas : l’Enchanteur sera de l’autre côté. S’il insiste pour que tu traverses, surtout reste ferme, car c’est lui qui gagnerait !  Prends cette perle et mets-là au bout de ta flèche ; dès que tu verras l’Enchanteur, avant toute parole, envoie ta flèche à ses pieds. Alors une fumée noire s’élèvera du sol et il sera transformé pour mille ans en un tronc calciné. Mais tu ne seras pas au bout de ta peine, car dès que le tronc cessera de fumer tu verras tomber l’anneau d’or   de  l’Enchanteur,   tu  auras  cinq  secondes  pour  t’en  emparer ;  ton cheval n’aura qu’à traverser la rivière; s’il n’y parvient pas, c’est toi qui sera changé en arbre calciné ! Prends encore cet anneau d’or, si tu te trouves dans la peine, fais-le passer d’une main à l’autre, la Fée Gracianne viendra à ton secours. Et maintenant, mon jeune Prince, courage et reviens vite !”

                                                   

     Pendant ce temps au château, le Roi et la Reine comptaient les jours.

     Quant à Cabrina, elle vivait avec ses amis, au Royaume des Mille Clairières. C’était une petite chèvre  un peu curieuse, aussi un jour décida-t-elle de faire une petite promenade en dehors de la Clairière. Elle rencontra un petit garçon d’une dizaine d’années qui menait son troupeau, et elle lui dit :

 

- “Qui es-tu ?”

- “Je suis un pâtre, répondit-il, mais avant j’étais le fils du Roi des Collines aux Pommiers d’Or. L’Enchanteur voulait que j’épouse sa  fille, méchante et laide, mais j’aimais une autre princesse. Devant mon refus, il me changea en pâtre !

- “C’est aussi un peu mon histoire, dit Cabrina, mais j’attends mon frère et son cheval de feu qui vont nous délivrer de l’Enchanteur.”

- “Cela sera bien difficile, remarque le petit pâtre, mais quand l’Enchanteur m’a transformé, j’avais une petite poche de pépins des pommes d’or de mon père, et grâce à eux, je pourrai peut-être aider ton frère car ces pépins ont un pouvoir merveilleux !”

- “C’est une chance !  s’exclama Cabrina, mais je ne sais pas où est mon frère ! Comment le saurai-je ?”

- “As-tu demandé au Roi-Lion Victor, ou à ta flûte enchantée ?”

- “Non, répondit la petite chèvre, mais je peux le faire. J’irai voir Victor !”

- “Alors, ne tarde pas ! nous nous reverrons demain !”

 

     Les deux nouveaux amis se séparèrent et Cabrina alla voir le Roi-Lion.

- “Je sais, lui dit-elle, que le Chevalier au cheval de feu est mon frère, et qu’il est parti pour nous délivrer de l’Enchanteur, mais le temps passe et j’ai peur qu’il ne lui arrive malheur. Sais-tu où il est ?”

- “Exactement, non ! Je lui avais conseillé d’aller voir le Roi des Mers et il y est allé. Ensuite, j’ignore tout  de ce qui a pu arriver !”  répondit le Roi-Lion.

- “Alors, le Roi des Mers doit savoir, fit remarquer Cabrina, mais comment y aller ? Tu sais, j’ai rencontré tout à l’heure un petit pâtre, et il m’a dit qu’il était le fils du Roi des Collines aux  Mille Pommiers d’Or, et que l’Enchanteur s’était vengé parce qu’il avait refusé d’épouser sa fille. Il a pu garder sur lui des pépins d’or de ses pommiers, et ils ont un pouvoir merveilleux. Veux-tu le voir ?”

- “Eh bien ! Si c’est ainsi, dit le Roi-Lion, nous arriverons peut-être à vaincre l’Enchanteur, et à rentrer chacun chez soi. Je me demande ce que fait ton frère...? Pourvu qu’il n’ait pas de problèmes ! Je donnerais cher pour le savoir !”

                      

                                     aaaaaaaaaaaaaa

(5)

Coumbines

Le lendemain, Cabrina alla à la rencontre du petit pâtre. Elle lui raconta ce que le Roi-Lion lui avait appris , au sujet de son frère.

- “Alors, dit le petit pâtre, il nous faut aller au Royaume des Mers pour avoir des nouvelles de ton frère et savoir où il en est !”

- “Mais, c’est impossible ! dit Cabrina... Tu ne peux quitter ton troupeau, et je mourrai avant d’arriver au Royaume des Eaux Profondes !”

- “Tu oublies mes pépins d’or ! Je vais en planter un ici même... voilà !”

     Aussitôt un petit pâtre semblable à lui jaillit de terre.

- “Ce n’est qu’une apparence, mais ainsi mes maîtres ne s’apercevront pas de mon absence. Maintenant, avec un autre pépin, je vais appeler l’Aigle Royal !”

     Le pâtre prit sa fronde et lança le pépin d’or très loin dans les airs.  Il brillait comme une étoile. Aussitôt l’Aigle Royal arriva. Il fit quelques tourbillons avant de se poser sur une branche.

- “Que désires-tu ?”  demanda l’Aigle Royal.

- “Toi qui traverse les nuages, emmène-nous au Royaume des Mers !”

 

              L’Aigle prit le pâtre et Cabrina dans ses serres et il fendit les airs. La petite chèvre fermait les yeux tant elle avait peur; comme elle rêvait de l’herbe tendre de la clairière ! Mais le voyage fut court et Cabrina fut étonnée de se trouver au Royaume des Eaux Profondes !

- “Aigle Royal, pria le petit pâtre, ne nous quitte pas avant que nous ayons vu le Roi-Poisson. Cabrina, joue de ta flûte enchantée et le Roi viendra !”

    

           La petite chèvre se mit à jouer et d’une vague jaillit le Roi des Mers !

- “Qui êtes-vous et que voulez-vous ?” demanda-t-il.

- “Aurais-tu vu le beau chevalier et son cheval de feu ? Nous sommes à sa recherche !”

- “Oui !  répondit le Roi-Poisson. Il est parti sur mon conseil au Royaume des Sept Fleuves aux tourbillons mortels, pour rejoindre l’Enchanteur. S’il fait ce que je lui ai dit, il vous rejoindra bientôt, sinon il vous faudra aller à son secours. Mais soyez sans crainte, c’est un Prince très vaillant. Retournez dans votre Royaume et attendez cinq jours. S’il n’est pas de retour, revenez me voir, je vous aiderai à aller à son secours !”

    

            Ils remercièrent tous les deux et l’Aigle Royal les ramena au Royaume des Mille Clairières où nul ne s’était aperçu de leur absence.

     Avant de les quitter, l’Aigle Royal dit au pâtre :

- “Dans cinq jours je reviendrai ; si le Prince n’est pas de retour nous nous  porterons à son secours !”

     Quand tous les animaux de la Clairière furent au courant, ils commencèrent à compter les jours, car ils avaient hâte de revoir le Prince et son cheval de feu.

 

                                          aaaaaaaaaa

                                                  

(6)

                   Flowers             

De son côté, le Prince, après avoir quitté le Roi des Mers et la Princesse Alguina, se dirigea vers les Sept Fleuves aux tourbillons mortels. Le cheval de feu était si rapide qu’il ne touchait pas les eaux. Ainsi ils arrivèrent à la rivière.

    

De l’autre côté ils virent l’Enchanteur qui voulait les inviter à la rejoindre, mais le jeune Prince se souvint des conseils du Roi des Mers et rapide comme le vent, il avait pris son arc et la flèche se planta dans le sol aux pieds de l’Enchanteur. Aussitôt une fumée noire s’éleva devant lui. Alors l’Enchanteur se transforma en un tronc calciné, mais il restait à s’emparer de son anneau d’or avant cinq secondes !

- “Vite ! Mon cheval de feu, saisis l’anneau d’or !”

 

     Le cheval, rapide comme l’éclair, traversa la rivière et saisit l’anneau d’or, mais dans sa hâte il l’avala ! Il revint aussi vite vers le Prince alors que le tronc calciné tordait ses branches noircies et ricanait  en provoquant le Prince :

- “Tu ne pourras pas délivrer ta soeur, disait le tronc calciné, et dans cinq jours je serai délivré !”

     Alors le cheval de feu dit au Prince :

- “Mon maître, nous pouvons encore gagner ! Tue-moi , ouvre mon estomac et prends l’anneau d’or !

- “Jamais je ne pourrai te tuer, mon brave cheval de feu !”

- “Il le faut mon Prince, pour délivrer ta soeur, la Princesse Myrtille ! Une fois que tu auras récupéré l’anneau d’or, va vers ta soeur au Royaume des Mille Clairières !”

- “Mais mon beau cheval, comment irai-je sans toi ? Je vais périr dans les Fleuves aux tourbillons mortels! Et jamais je ne pourrai me séparer de toi !”

- “Fais-moi confiance, insista le cheval de feu, quand tu auras repris l’anneau d’or, il te suffira de faire un voeu et tu seras transporté où tu dois aller. D’abord, va vers la Princesse et délivre-la ! Délivre aussi le pâtre, il est Prince, et Fils du Roi des Collines aux Mille Pommiers d’Or. Sans t’arrêter pour parler à quiconque, revenez tous les trois près de moi, car si je n’ai pas retrouvé la vie avant cinq jours, l’Enchanteur reviendra. Vous me mettrez un pépin d’or dans l’estomac et il se cicatrisera, vous ferez de même dans mon flanc et il se cicatrisera de même !”

    

          Le pauvre Prince pleura, et sortant son poignard il tua son beau cheval de feu et dans son estomac il trouva l’anneau d’or. Il caressa son cheval et lui promit de ne pas tarder. Il fit le voeu de se trouver au Royaume aux Mille Clairières où il retrouva Cabrina et le pâtre. Sans leur dire un mot, il toucha la petite chèvre de son anneau d’or et elle se transforma en la belle Princesse Myrtille ! Elle se jeta au cou de son frère, mais il lui dit :

 

- “Myrtille, nous nous réjouirons plus tard. J’ai dû tuer mon beau cheval de feu pour récupérer l’anneau d’or qu’il avait avalé : nous devons retourner près de lui rapidement pour lui rendre la vie, sinon l’Enchanteur nous tiendra encore en son pouvoir !”

 

  

           Le Prince toucha le pâtre avec l’anneau d’or, et le beau Prince Vassili apparut... Lui et Myrtille se reconnurent, car ils étaient fiancés. Le Prince Solano leur dit :

                                                   

- “Patientez, mes amis, retournons auprès de mon cheval de feu... Prince Vassili, as-tu encore des pépins d’or ?”

- “Oui, Prince Solano, partons !”

    

        Alors, mettant l’anneau d’or à son doigt, le Prince Solano et ses compagnons se retrouvèrent près du cheval de feu.  Le Prince fit tout ce qu’avait dit le cheval, et ce dernier, bien cicatrisé, se mit sur ses quatre pattes. Le Prince alors s’approcha de lui et lui fit mille caresses.

- “Mon beau cheval de feu, comment ai-je pu te tuer, toi mon meilleur ami, qu’aurais-je fait sans toi ?”

- “Il fallait le faire, mon Prince ! Maintenant nous devons délivrer les animaux du Royaume des Mille Clairières... mets l’anneau d’or !...”

      

        A l’instant même ils se trouvèrent tous les quatre au milieu des animaux. Le Prince Vassili prit un pépin d’or, le planta dans la terre et aussitôt en jaillit une fontaine.

- “Que chacun vienne boire ! “ dit-il aux animaux.

    

          Les uns après les autres, les animaux vinrent boire et aussitôt ils étaient transformés. Le Roi-Lion était Premier Ministre et il avait bu le premier. Quand tous eurent bu et qu’ils se furent réjouis de cette délivrance, le Prince Vassili jeta un pépin d’or dans les airs et en retombant il fit apparaître mille chevaux de vent.

 

- “Que chacun prenne un cheval, dit-il, et que tous regagnent  le château, car le Roi et la Reine ignorent notre libération !”

    

          Chacun prit sa monture et ils filaient plus vite que l’ouragan. Quand ils arrivèrent au château, tout semblait mort. Le Prince au cheval de feu toucha la grille qui s’ouvrit aussitôt et tous entrèrent aux cris de “Vive le Roi ! Vive la Reine !”.

 

         Le nombre des cavaliers était étonnant, car tous étaient là : Le Premier Ministre et sa famille bien sûr, mais aussi les Conseillers, les favoris, jusqu’aux cuisiniers, les lavandières, les décorateurs, les peintres, les musiciens, sans oublier le médecin particulier de la famille royale... ce serait long de tous les nommer. Les chevaux arrivaient au galop et on aurait dit un roulement de tonnerre. Le Roi et la Reine sortirent sur le perron, et en voyant le Prince sur son cheval de feu, avec la Princesse Myrtille à ses côtés, la Reine  tomba dans les bras du Roi ! Tous descendirent de cheval, et les beaux chevaux de vent furent conduits dans de vastes prairies ombragées.

    

         Le Prince Vassili  pensa que tous avaient faim, et dans la grande salle à manger du château il y avait une très grande table, mais c’était insuffisant pour tous.  Il posa un pépin d’or sur la table et aussitôt trois immenses tables apparurent, recouvertes de nappes brodées d’or et sur des plateaux d’or ciselé, les mets les plus succulents invitaient les convives, ainsi que les bouteilles de vins anciens, et tous prirent place pour se restaurer.

    

Le Roi et la Reine étaient très émus, mais le Roi fit un petit discours pour remercier tous les personnages de son Royaume et surtout le Prince héritier et le Prince Vassili.

             

Le Prince Solano se leva et dit :

- “Mes amis, si nous sommes réunis ici, c’est grâce au Roi des Mers. Je dois maintenant aller chercher sa fille, la Princesse Alguina, et nous célébrerons notre mariage aujourd’hui même ! Grâce à mon beau cheval de feu, nous serons de retour ici dans quelques instants. Le Prince Vassili doit aussi aller au Royaume des Mille Pommiers d’Or, pour aller chercher le Roi et la Reine, car aujourd’hui même il épousera ma soeur, la Princesse Myrtille !”

    

           Sous les applaudissements, le Prince au cheval de feu et le Prince au cheval de vent partirent en hâte, chacun de son côté.

 

                                                 aaaaaaa

      (7)

                      Coumbines               

         Le Prince Solano arriva au Royaume des Mers. Il tendit l’anneau d’or de l’Enchanteur au-dessus des eaux profondes et le Roi des Mers apparut avec la Princesse Alguina.

- “O Roi des Mers ! J’ai fait ainsi que tu me l’avais dit, et maintenant que j’ai rempli ma mission, je viens chercher ma douce Princesse et je l’épouserai ce jour même !”

- “Tu as été brave, mon fils, dit le Roi des Mers, la Fée Gracianne va te donner ma fille.”

     La Fée Gracianne apparut dans un nuage de poussière d’or. Elle dit au Prince :

- “Promets-tu   de rendre  heureuse la Princesse Alguina, ta future femme ?”

- “Oh ! Oui ! S’exclama le Prince,  je l’aimerai jusque dans la vieillesse et par-delà  la  mort !”

 

     La Fée Gracianne alla prendre la Princesse par la main et la conduisit sur le sable. Le Prince vit que ses pieds étaient chaussés de mocassins d’or, et qu’elle avait perdu son corps de sirène. Elle marchait avec un corps souple et une démarche harmonieuse. Elle portait une robe couleur d’algue, brodée de diamants.

     La Fée Gracianne lui dit :

 

- “Princesse Alguina, promets-tu d’aimer ton mari et de le rendre heureux ?”

     Alors la Princesse se jeta dans les bras du Prince et ils s’embrassèrent.

 

- “Roi des Mers, dit ensuite le Prince, nous devons regagner le château du Roi mon père car nous sommes attendus pour célébrer un double mariage. Je donnerai à ta fille, ma douce Princesse, l’anneau d’or de l’Enchanteur, pour qu’elle puisse se transporter ici chaque fois que son coeur le désirera.”

    

Le Roi des Mers , ému, lui remit un coffret :

- “Tu trouveras dans ce coffret  la connaissance de tous les secrets du monde et tu soulageras beaucoup de misères.”

                                                            

                                                  

Après avoir remercié, tous deux montèrent le cheval de feu et ils arrivèrent au château où la Princesse Myrtille jouait de sa flûte enchantée. En même temps arrivèrent le Prince Vassili ainsi que ses parents, le Roi et la Reine du Royaume des Mille Collines aux Pommiers d’Or.

    

           Dès son arrivée la Princesse Alguina remplit d’admiration tous les hôtes, par sa beauté et son sourire qui révélait un coeur simple et plein de bonté. Tous l’applaudirent, et elle fut heureuse d’être si bien adoptée. Le Prince la conduisit auprès de ses parents pour la leur présenter. Le Roi et la Reine étaient pleinement heureux, oubliant le passé qui s’éloignait et s’évanouissait comme un mauvais rêve.

    

         Alors on célébra le  mariage des deux Princes et des deux Princesses avec cérémonie. Les Fées vinrent porter des voeux de bonheur aux jeunes époux. Après quoi chacun fit honneur au festin. Il y avait bien longtemps que le château des Mille Oiseaux de Paradis aux Oeufs d’Or n’avait ainsi connu tant de splendeur.

    

          Quand chacun eut mangé à sa faim, l’orchestre du Roi attaqua une valse dans la grande salle aux vitraux magiques : sous les rayons du soleil et de la lune, les vitraux aux couleurs magnifiques illuminaient la salle et les colombes dessinées dans le verre agitaient leurs ailes et des plumes d’or tombèrent sur le sol.

    

          Les quatre jeunes époux ouvrirent le bal. Tous dansaient avec beaucoup d’ardeur et les invités oublièrent bientôt de danser pour admirer les deux jeunes couples : La Princesse Alguina semblait ne pas toucher le sol et ses cheveux d’or se balançaient comme des algues. Quant à la Princesse Myrtille, que tant de Princes auraient voulu épouser, elle était plus belle que jamais, car elle avait retrouvé l’amour du Prince Vassili.

    

         Après les premières valses pendant lesquelles les invités avaient admiré les jeunes couples princiers, tout le monde se mit à danser, même le Roi et la Reine du Royaume aux Mille Oiseaux de Paradis aux Oeufs d’Or, et tous les autres Rois et Reines. Il semblait que les murs du château reculaient de plus en plus pour laisser plus d’espace aux danseurs.

    

           Lorsque Minuit sonna, le Prince Vassili et la Princesse Myrtille montèrent leurs chevaux de vent, ainsi que le Roi et la Reine du Royaume aux Mille Pommiers d’Or. Ils emportaient avec eux de nombreux gages de bonheur dont les Fées les avaient comblés. Parmi ces gages se trouvait celui de rendre heureux tous les sujets du Royaume, afin que les jeunes gens n’apprennent plus le métier de la guerre et que tous les enfants de tous les Royaumes du monde, vivent désormais dans la joie et la paix.

    

              Si tu veux ,  toi aussi, vivre dans ce Royaume, tu as,  dans ton coeur et dans tes mains, le pouvoir de construire, avec tous les enfants du monde, un Royaume sans guerre... Il n’y a pas d’école pour cela, il suffit de dessiner tes rêves...

 

 

 

                                                    *

                                              *                  *

 

Sœur Mariam-Jacob

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