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LE BAL DU TEMPS(D'une
voisine octogénaire)
Le jour fuit. Au dehors le
vent mouillant de pluie,
Dépose un noir manteau,
laissant place à la nuit,
Afin que la nature dorme
paisiblement !
Dans un coin du salon,
mélancoliquement,
Attendant pour briser de
sa chanson impure,
Le calme apaisement de
cette pièce obscure,
L'horloge centenaire
compte le temps qui passe,
De son balancier d'or,
immuable ; tenace.
Assise au coin de l'âtre,
aux portes du sommeil,
Le visage adouci d'un
sourire qui l'égaye,
Une aïeule épuisée
rapidement s'endort.
Elle part au gré des rêves
et se retrouve alors,
Où l'homme de sa vie est
parti avant elle !
Enivrés tendrement par une
ritournelle,
Ils dansent au nez des
Dieux contre le temps qui
passe,
fortifiant leur amour
immuable ; tenace.
Enfin telle une vague
s'effaçant sur la grève,
Elle quitte son amant du
bout de son doux rêve,
Le cœur empli de larmes il
faut se résigner.
Mais elle sait qu'à son
heure il viendra la
chercher,
Pour être réunis dans la
vie éternelle.
Alors elle oubliera la
pendule solennelle,
L'horloge centenaire
comptant le temps qui
passe,
De son balancier d'or,
immuable ; tenace.
Gérard Sandifort
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